
Evangile de Marie 8 : 4
« C’est pourquoi je vous dis : « Soyez en harmonie… »
Si vous êtes déréglés, inspirez-vous des représentations de votre vraie nature. »
Avant d’entrer dans le vif de la carte, un peu d’histoire : l’Evangile Selon Marie est ce que l’on appelle un Evangile apocryphe, c’est-à-dire qu’il ne fait pas parti du canon biblique choisi par l’Eglise. Cet évangile est le premier écrit du codex copte de Berlin (C’est un papyrus contenant des textes chrétiens apocryphes écrits en dialecte copte. Il est conservé au Neues Museum de Berlin). Il est imputé à Marie-Madeleine et les historiens datent sa rédaction au milieu ou dans la deuxième moitié du IIe siècle.
Pour une meilleure compréhension et saisir pleinement le sens, il convient de lire les quelques versets antérieurs afin de comprendre le sens et le contexte. Donc, ce passage démarre avec une question de l’Apôtre Pierre à Jésus : « Qu’est-ce que le péché du monde ? » Et Jésus lui répond : « il n’y a pas de péché. C’est vous qui faites exister le péché lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère ; là est le péché. » (Traduction de Jean-Yves Leloup)
Voilà un enseignement Ô combien précieux ! Le péché en tant que tel n’existe pas. Nous le faisons exister en le pratiquant. Nous lui donnons littéralement vie : il n’existe pas pour lui-même. Le péché n’existe que lorsque nous péchons. La tradition catholique va d’ailleurs dans ce sens en nous disant : « il n’y a pas de péché, il n’y a que des pécheurs. »
Ce qui revient à dire, également, que rien n’est mauvais en soi : la matière, la terre, la vie, les animaux (etc.) rien n’est intrinsèquement mauvais. Le péché n’est ni dans les choses, ni en nous. Il n’existe que dans notre manière de faire (nous commettons le péché, il n’est pas « en nous » en tant que tel ni en quoi que ce soit dans la Création de Dieu).
Lé péché existe au moment où nous ne sommes plus alignés, c’est-à-dire lorsque nous avons dévié de notre trajectoire, que nous avons raté notre cible (étymologiquement le mot péché vient du grec hamartia : « manquer la cible »). Littéralement le péché est le moment où nous manquons la cible. C’est-à-dire : nous ne sommes plus en harmonie avec la Création, ni avec notre nature profonde d’enfants de Dieu. Nous créons aussi une dysharmonie dans le monde : nous faisons entrer le péché (qui n’existe pas seul) dans le monde.
Nous avons besoin de guérir cette part de nous qui donne naissance au péché et qui perverti le monde. Cette perversion, nous la créons. Il ne s’agit pas de la Création de Dieu en soi. C’est en ce sens que nous sommes responsable du monde tel qu’il est. Car nous sommes responsables de la naissance du péché dans le monde. Le monde extérieur n’est qu’un reflet de notre monde intérieur.
Le Christ vient nous enseigner à nous libérer de ce péché, c’est pourquoi Il est nommé « Sauveur ». Non pas parce qu’Il nous sauve à notre place et qu’il suffit de Le suivre pour être sauvé par Lui. Non, le Christ ne souhaite pas que nous Le suivons bêtement tel des moutons de panurge sans intelligence ni esprit critique. Il vient nous sauver en nous indiquant comment vivre pour ne pas être fécond du péché. Il est Celui qui indique le chemin, la vérité, la vie. C’est à dire qu’Il nous guide, qu’Il éclaire le chemin à emprunter pour renouer avec le divin.
Poursuivons l’analyse de l’extrait ; le Christ dit dans l’Evangile de Marie : « lorsque vous agissez en conformité avec la nature de l’adultère qu’on appelle le péché. »
L’adultère selon la définition du dictionnaire (Larousse) est la violation du devoir de fidélité entre époux. En somme c’est le fait d’avoir un rapport sexuel avec un autre partenaire que notre époux / épouse. Ici il est plutôt question de la tromperie que nous nous infligerions à nous-même : en faisant le péché, nous trahisons notre nature divine, nous agissons en dehors de ce qui est aligné avec notre nature profonde. Nous commettons l’adultère vis-à-vis de nous-même car nous ne sommes plus fidèle à ce que nous sommes. Nous sommes en violation avec notre devoir de fidélité. Cela pourrait également indiquer qu’il y a en quelque sorte deux natures en nous : celle naturelle, reliée à Dieu, qui vit en conformité avec Lui et surtout avec Sa Création, c’est notre nature profonde, pure, belle et unifiée en Dieu en toute chose (puisque alignée avec toute chose). Et nous avons également une nature « seconde » qui nous pousserait à tomber dans le péché (c’est notre construction sociale, nos fausses croyances, nos errances, nos jugements, nos pulsions, nos bas instincts etc.).
Ainsi nous sommes adultère : nous nous trompons nous-même. Non pas au sens de tromperie sexuelle, mais de tromperie spirituelle : nous sommes infidèle à ce que nous sommes dans notre être profond.
Jésus continue : « Voilà pourquoi le Bien est venu au milieu de vous, jusqu’aux éléments constitutifs de toute nature pour la rétablir dans sa racine. »
« Le Bien » évoque le Christ lui-même, en effet, il évoque ici sa venue pour nous « rétablir dans » notre « racine. ». Il vient pour nous rappeler d’où l’on vient et pour nous dire que le royaume des cieux est en nous, en somme Il vient nous rappeler notre nature d’enfant de Dieu, notre nature divine. Dit autrement : Il vient pour que l’on se réaligne à notre nature profonde, pour retrouver nos racines qui nous permettent ancrage, solidité et épanouissement (cf article précédent). Il nous aide à retrouver l’harmonie en nous, à être de nouveau aligné à Dieu, à notre nature divine et ainsi à ne plus faire vivre le péché.
La carte évoquée ce jour, nous parle de cela. Elle nous invite à revenir à notre nature profonde ceci afin de retrouver l’harmonie en nous.
Pour travailler cet extrait, et en fait retrouver l’harmonie de notre vraie nature en toi, voici la méditation et le rituel proposé dans le livret accompagnant l’oracle :
Méditation : chaque fois que tu te sens coupé de toi-même médite l’exemple de la vie du Christ, Sa vérité, Sa compassion, Son ouverture à tous les êtres qui viennent à Lui. Ainsi, tu retrouveras ton harmonie en accueillant tout ce qui se vit en toi avec compassion et en retrouvant le chemin vers ton cœur où il vit.
Rituel : Ferme les yeux et médite cette question : « Qu’est-ce que l’harmonie ? » Après avoir laissé couler des mots et des images, pose-toi une seconde question : « où est la disharmonie dans ma vie ? » Sens les espaces d’absence, de souffrance et de coupure dans ta vie. Aide-toi de l’équilibre des cinq éléments pour évaluer les excès et les manques : manques-tu de feu (joie, affirmation), d’eau (compassion, douceur), d’air (réflexion, échanges), de terre (ancrage, soin), d’éther (connexion au Divin) ? Inspire-toi du Christ pour évoluer vers une nouvelle harmonie.
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Je vous souhaite un bon cheminement vers et avec le Christ ! Puisse-t-Il vous éclairer et vous guider sur le chemin d’amour qu’Il propose.
Amen